LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

21 mars, 2019

MONSIEUR TOUT LE MONDE

Classé dans : Societe — inconnaissance @ 20:38

Il faut passer sa vie à arranger le sens de toute chose pour qu’il soit compris par tout le monde. Variante : il faut passer sa vie à penser quel sens des choses pourrait être compris par tout le monde.

Voyons, ce noyau de cerise, que vais-je en dire pour que mémé, pépé et monsieur le curé soient contents . ? Quelle place, quel sens a un noyau de cerise dans notre société ? Un tabou pèse-t-il sur lui ?

Si je dis : famille, comment les autres vont-ils comprendre ce que je dis. ? Si je sors de la pièce, comment les autres vont-ils comprendre ce que je fais ?  

Faire comprendre à tout le monde et faire approuver par tout le monde tout ce qui me concerne est un boulot à plein temps. C’est très difficile de se mettre d’accord quand il n’y a pas de référent extérieur accessible aux sens et que l’on pourrait tous consulter. Parce que mettez 2 individus face à face, mettez le mot Dieu dans chacune de leur bouche, ou mettez deux Anglais face à face et mettez le mot Brexit dans chacune de leur bouche, et tous ces gens vont peut-être en venir aux mains. Comment pouvez-vous juger ? Que suis-je censé penser de ce que vous avez suggéré à propos de ce que je pense ? .

Penser à être compris, il faut trouver un sens qui soit compris par les autres. Avez-vous une idée de tout ce qui doit avoir un sens qui doit être reconnu et approuvé par tout le monde ? Vais-je parler de cette chaise ? Peut-être que ce que je vais en dire ne plaira pas. Quel sens plaira à tout le monde ? Et mémé, et pépé, et le curé, et la famille, et mon pantalon, et mon goût pour la musique classique etc qu’est-ce que les gens vont penser de ce que je vais en dire ? Y-a-t-il une façon d’en parler qui plaira à tout le monde ?. Qu’est-ce que X, Y et Z attendent de moi ? Voyons, je suis dans tel lieu, avec tel genre de gens, je crois qu’il faut dire …..

Toujours à la recherche du sens commun. C’est comme s’il y avait un bon sens qui fonctionne bien, qui nous permettrait d’avoir toute notre place dans la société, Être monsieur (ou madame) Tout le monde. Parce que ce ne serait pas gentil, pas courtois, pas charitable, pas aimable, pas correct, pas bienséant, pas pertinent, pas le moment de dire ceci ou cela. D’accord, je pourrais prendre exemple sur les politiques et leur art de parler pour ne rien dire, mais je n’ai pas fait l’ENA.  

Donc toujours en train de faire une synthèse de ce que pensent les autres, pour essayer de comprendre le monde où on est. Toujours en train de chercher la vérité de ce qu’ils pensent. Toujours en train d’essayer de leur plaire.  Parce que le sens sert à la communication, et la communication, c’est la socialisation, et la socialisation, c’est le plus important dans la vie. Non ?  

J’ai trouvé. Pour avoir une bonne chance d’être monsieur ou madame Tout le monde, il faut retenir tout ce que les autres disent ou écrivent, de façon à pouvoir le répéter. Quand on répète ce qu’on a lu ou entendu, ce qu’on nous a appris, on peut penser que ce qu’on dit sera compris et approuvé par les autres.

La pensée à laquelle vous vous rangez, est-ce que cela vous serait égal que personne ne l’approuve ? Surtout pas. C’est justement parce qu’on a l’impression que cette pensée est approuvée par les autres, qu’elle vient des autres, qu’elle s’impose à nous. C’est justement parce que dans notre esprit on a l’impression de dialoguer avec les autres, qu’on s’en remet à des pensées qui viennent.

D’abord, comme on l’a vu : s’entendre sur les mots. Ensuite s’entendre sur le sens. Et s’entendre sur les désirs, les jugements, faire attention que l’interlocuteur puisse les accepter. Et pour cela, il faut que je me mette à la place des autres. Il y aurait un « les autres » ? Ridicule !

Ne croirait-on pas qu’on a là un devoir permanent, incontournable : faire fonctionner, une micro ou mini ou plus grande société déjà là, y contribuer, la respecter. Cette société ou communauté aurait ses valeurs et ses objectifs. Ses membres seraient d’accord. et la réussite de ce groupe serait plus importante que tout. La préservation, la sauvegarde, la défense, la réparation, l’avenir de la société : voilà ce qui autorise tout le monde à parler, à écrire des livres, à s’engager, à militer. C’est à un niveau supérieur ce qui se passe dans notre vie de tous les jours . L’action en faveur de la cohésion sociale nous mobilise en permanence. Les anicroches, désaccords, incohérences etc sont même le sujet de conversation. Les écarts entre l’idée que l’on se fait du sens conforme à la société et celui que les autres expriment ou incarnent sont un sujet permanent d’étonnement et de protestations.

C’est une façon de se consacrer activement à notre niveau à la préservation de la société.

On a à l’esprit une idée, celle qui serait en mesure d’assurer l’avenir d’une société ou d’une communauté, celle que l’on se fait de l’état d’un groupe, d’une communauté. On est devenu un être très social. C’est un véritable rêve dans lequel on vit. Comme si la société  était capable de procréer, de mettre au monde des êtres en chair et en os. On a construit un grand bordel, mais pas touche.  

Avez-vous une idées de ce qu’il se passe quand un nombre de plus en plus considérable d’éléments de sa vie doit être reconnu et approuvé par les autres, quand il devient de plus en plus important qu’ils soient reconnus et approuvés par les autres, quand vous vous sentez obligé de vous investir toujours plus, de faire de plus en plus attention que ce sens soit reconnu et approuvé par les autres ? C’est ainsi que le voient les politiques. Souci de faire partie de ;..encouragement à faire partie de…éloge de ceux qui font partie de ..contribuer au lien social,  souci particulier d’oeuvrer pour ce supposé sens commun.

La société va mal, il faut sacrifier de plus en plus les gens et de plus en plus de gens pour la sauver. Ce n’est plus Dieu qui l’exige, c’est l’idée d’un commun, d’un général, d’une unité qui doit être préservée. Mais la société, la République, ce n’est pas nous, ce sont quelques personnes qui nous veulent du mal (non seulement ils exploitent nos points faibles, mais ils les aggravent) . C’est leur place qu’il faut sauver.

Alors, le moindre mot de travers et la République est en danger, la société est en péril, la guerre, la famine, le nazisme sont aux portes (HITLER, MUSSOLINI, STALINE et POL POT réunis) .

Ce sens commun existe-t-il ? Dans nos rêves. On voudrait qu’il existe. On n’arrive déjà pas à se mettre à la place de quelqu’un qui nous est proche, alors à la place de tout un groupe ? ! Des intellectuels égarés comme Michel BITBOL (France Culture) voudraient qu’il existe. Mais il n’existe pas, formellement parlant. Il n’existe qu’en tant que projet perpétuel.

Donc le sens que l’on donne à toute chose est très important, le sens, c’est le monde. On vit dans ce sens. Pas un sens scientifique, mais un sens politique, social, moral. Monsieur Tout le monde est un idéal. Un citoyen modèle.

bern

hhèèèèèèeeiinn

La société n’est pas la solution, elle est le problème. C’est elle qui sème la pagaille parmi les hommes. 

Ne plus accorder de valeur à une idée de société, ne plus se soucier du salut de la société, de son fonctionnement, ne plus chercher à appartenir à une idée de société, voilà qui évite cette dépendance et ce tracas constant de ce que l’on est.  

P.S. Ah oui, tous mes propos sur la musique seront désormais là  :  http://planetdsaintje.unblog.fr/page/3/  la fin c’est le début.

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